Le récit de ma fausse couche

Hello les gars !

Comme une femme sur quatre, j’ai connu une fausse couche avant la naissance de ma fille. J’ai mis énormément de temps à rédiger cet article et encore plus à me demander si je devais le publier ou non. J’en ai conclu que, même si je ne vous cacherai pas être un peu gênée de vous raconter cette histoire, je pense sincèrement qu’il s’agit d’un sujet trop peu abordé. Je pense que les femmes ne devraient pas avoir honte d’en parler. Et je pense aussi que pour celles qui le vivent ou l’ont vécu, il peut être tout à fait rassurant de lire des témoignages d’autres femmes et ainsi se sentir moins seules.

L’histoire commence, sans surprise, par un test de grossesse positif. Je n’avais pas de symptômes particuliers mais sachant que les faux-positifs sont bien moins répandus que les faux-négatifs, je me suis empressée d’aller faire une prise de sang afin de confirmer ma grossesse. La prise de sang s’est également avérée positive… Grande joie pour mon mari et moi, j’étais enceinte !

Habitant en plein désert médical, j’ai pris RDV chez le premier gynécologue qui avait de la place dans sa patientèle pour me recevoir. Quelques jours après, je me rends à ma consultation qui dura précisément 8 minutes (montre en main) et durant laquelle il a eu le temps de me faire une échographie endovaginale. Inutile de vous dire que durant ces 8 minutes il n’a pas eu le temps de m’expliquer grand chose, mais uniquement qu’il était encore trop tôt pour voir quoi que ce soit.

Quelques jours plus tard, mon mari avait RDV dans le CHU le plus proche de chez nous pour se faire opérer (opération bénigne). Nous longeons chez mes parents qui n’habitent pas loin du dit-CHU et pendant ce court séjour j’ai quelques pertes de sang. Je rejoins donc mon mari au CHU (drôle de coïncidence !) et je profite d’être sur place pour me rendre aux urgences gynécologiques afin qu’un médecin puisse me faire un examen pour vérifier que tout aille bien malgré ces pertes de sang qui peuvent tout à fait arriver en début de grossesse.

Là, les 8 minutes de consultation chez mon nouveau gynécologue, se sont transformées en 8 heures d’attente à l’issue desquelles une interne a pu me recevoir en consultation. Malheureusement, suite à une échographie, elle n’a rien pu me dire de plus que des saignements pouvaient survenir en début de grossesse sans que ce ne soit grave, mais que cela pouvait être également un signe de fausse couche. Je n’avais rien de mieux à faire qu’à patienter…

De retour chez nous, plusieurs jours après, nous étions en train de finaliser l’achat de notre maison et avions RDV chez le notaire un midi afin de signer les papiers de la maison. Ce matin là, je ressentais comme des douleurs de règles et ça n’a pas loupé, ma fausse couche a débuté chez le notaire… Heureusement qu’il s’agissait d’une étude spacieuse dans laquelle les toilettes étaient propres et bien isolées. Je vous laisse imaginer la scène d’horreur entre les agents immobiliers qui avaient les larmes aux yeux, le notaire qui ne cessait d’être désolé pour nous et mon mari et moi qui étions déboussolés.

Nous sommes finalement rentrés chez nous, pensant que tout était terminé, que j’avais tout expulsé (désolée pour ces mots, je n’ai pas trouvé mieux). Nous avions à présent les clefs de notre nouvelle maison, des peintures et aménagements à faire. Nous pensions que c’était l’occasion idéale de penser à autre chose. Après tout nous étions jeunes et bien conscients qu’une fausse couche n’était absolument pas exceptionnelle et pouvait tout à fait nous arriver (cela touche actuellement 1/4 grossesse).

Mais une fois chez nous, après une bonne douche, les douleurs sont revenues. Direction les urgences gynécologiques de la clinique dans laquelle travaille mon nouveau gynécologue avec qui j’avais commencé mon suivi (Monsieur 8 minutes ^^). C’est lui-même qui me reçoit. Il m’installe sur sa table d’auscultation et m’extrait des résidus. C’est très désagréable, à la limite douloureux mais sans plus. Il me dit qu’à présent ça devrait aller. Normalement, le corps expulse tout seul. Que nenni, nous y sommes retournés plusieurs fois dans les jours qui ont suivi et il a du m’extraire des résidus à chaque fois car mon corps n’était pas décidé à tout expulser tout seul. Ce médecin a fini par me proposer de rester hospitalisée en me disait que j’en avais la possibilité si je le souhaitais. Je me suis donc naturellement dit que, vu qu’il ne s’agissait que d’une proposition et qu’il n’insistait pas pour me garder, je pouvais rentrer chez moi sans risque. Après tout, je serais mieux dans mon lit auprès de mon mari (également médecin de profession, ce qui est rassurant). Je suis donc à nouveau rentrée chez moi, espérant que les douleurs ne reviendraient pas et bien décidée à me changer les idées en commençant les peintures de la nouvelle maison.

Le lendemain, mes parents et une amie arrivent pour nous aider à peindre et mon mari part avec mon père acheter du matériel. Pendant leur absence, j’ai été saisie de douleurs atroces, je me tordais littéralement sur le sol et je me suis aperçue que je perdais beaucoup de sang. C’était la panique, je n’arrivais pas à joindre mon mari. Il sont finalement rentrés à la maison peu de temps après et lorsqu’il m’a vue comme ça, mon mari a immédiatement appelé les urgences gynécologiques, demandant à parler au gynécologue de garde, qui lui a dit de me monter directement au bloc opératoire où il nous attendrait avec un anesthésiste et le reste d’une équipe médicale afin de m’opérer en urgence. Évidemment, le gynécologue de garde ce jour-là était encore celui qui effectuait mon suivi (oui oui, Monsieur 8 minutes ^^). Il a pratiqué un curetage sous anesthésie générale et à mon réveil je me suis immédiatement sentie soulagée. Je n’ai pas du tout été satisfaire de la prise en charge de ce médecin jusqu’alors mais je dois dire qu’il a très bien réussi cette opération puisque 1/ elle m’a soulagée directement et 2/ j’ai pu retomber enceinte peu de temps après.

Je n’ai pas les connaissances médicales nécessaires pour vous expliquer pourquoi le médecin a attendu aussi longtemps pour m’opérer, pourquoi il m’a laissée souffrir comme ça alors qu’un simple curetage m’aurait immédiatement soulagée… Je peux simplement dire que normalement le corps expulse tout tout seul et que malheureusement cela n’a pas été mon cas. Et je peux dire également que les médecins font généralement tout pour éviter les opérations, notamment celles sous anesthésie générale car évidemment, toute opération comporte des risques.

Puisque nous vivons dans un désert médical et que je n’ai pas eu d’autre choix, j’ai également accouché dans cette-même clinique et je vous invite à aller lire mon article sur mon accouchement si vous souhaitez en savoir plus !

MERCI DE M’AVOIR LUE ET À TRÈS VITE !

Publié dans: Baby

4 réflexions sur “Le récit de ma fausse couche

  1. Le club de lecture dit :

    Merci pour ce courageux et sincère témoignage ma SoSo . Il est évident que ça aidera beaucoup de femmes à décomplexer sur la fausse couche . Comme tu le sais, j’ai une endométriose et malheureusement je trouve qu’il y a une énorme violence (physique et psychologique)gynécologique dans notre pays . J’ai dû passer par 10 médecins avec des examens tous plus humiliants les uns que les autres , avec de nombreux médecins qui pensaient que je faisais de la comédie . Au bout de 10 ans de souffrance, on m’a annoncé que j’avais une endométriose, alléluia c’était pas trop tôt . Malheureusement même si la fausse couche est quelque chose de courant, c’est quand même assez difficile pour les femmes ayant une endométriose . Cela dit les choses changent et c’est pour le mieux . Encore merci et bravo à toi.

    Aimé par 1 personne

  2. acommesonia dit :

    Merci pout ton commentaire ma Anita, il me touche beaucoup. J’ai une amie très proche qui a également une endométriose et qui a du avoir recours à deux FIV afin d’avoir son petit bébé. Je peux imaginer ce que tu vis et le parcours du combattant que c’est au quotidien et que c’est pour avoir un bébé… Aussi, je suis d’accord avec toi sur les violences gynécologiques… Elles sont bien présentes, physiques comme verbales et elles me dégoûtent à un point…… J’espère qu’à force de témoignages et de femmes qui ouvrent leur g*eule face à ces gros c*ns elles finiront par disparaître. Plein de bisous et encore merci ❤

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